

Victoria Calleja est née à Viña del Mar (Chili) puis s’est installée en Belgique où elle vit et travaille actuellement.
Licenciée en Arts Plastiques avec mention peinture à l'Université du Chili, elle est également diplômée en peinture monumentale et gravure à l'Académie Royale des Beaux-arts de Bruxelles.
L’art répond, pour cette artiste, à une quête existentielle ; celle de la fusion de la forme et de l’espace. Victoria Calleja explore, sans cesse, le sujet peint ou sculpté et son espace propre. Elle cherche à découvrir et à traduire la fusion de ces deux éléments constitutifs de ses œuvres.
L’artiste raconte… « Chaque tableau est l’occasion de produire des univers qui s’échappent de l’espace pictural central. Ces univers sont traduits par des zones indépendantes, non codifiées, qui fonctionnent de manière autonome mais qui font partie de l’ensemble du tableau. Ils apportent une certaine sérénité ; un espace de recueillement ; un certain mystère ou un inconnu… ».
« De manière paradoxale, le personnage dans mes tableaux actuels se présente de profil, de dos ou même de face mais en même temps il se refuse bien plus à la vue que précédemment. Il est séparé du spectateur par des écrans de verre embués sur lesquels se reflètent un monde inconnu que l’on découvre en lisant les traces (coquillages, circuits électriques, zones de reflet indéfinis, etc.). Ce faisant, le spectateur obtient « l’autorisation » de projeter sur ce même écran la frustration qu’il a de ne pas pouvoir le traverser complètement. Il ne peut pleinement accéder à « l’autre ». Ainsi, il peut aussi décider de se raconter sa propre histoire en la projetant », dit Victoria Calleja.
De ce fait, le pouvoir attractif de son art consiste à s’adonner aux graphies poétiques des images tout en cultivant leur part de mystère. Montrer tout en cachant est une obsession pour l’artiste. Ses dessins se dérobent à l’entendement immédiat, ils préfèrent cultiver une forme d’autisme qui dénie toute valeur explicative au profit de mystérieuses présences en quête de sacré. Si l’on sait depuis Léonard de Vinci que la peinture est « causa mentale », les pérégrinations mentales de Victoria confèrent aux mystères translucides les plus beaux effets contemplatifs.
Dans le même esprit, l’artiste explore en sculpture le problème de la transparence des corps. Elle utilise à cette fin des matières plastiques, du métal dont elle couvre des visages et des corps abordant ainsi la question du volume caché par la lumière. Ces pièces se parent, suivant les matériaux utilisés, d’auras scintillantes comme autant de noyaux nimbés d’énergie lumineuse. Le rapport au sacré y est aussi évident.