Nicolas Rudler
Biographie de Nicolas Rudler, sculpteur

Nicolas Rudler

Nicolas Rudler est né en 1967, il vit et travaille dans les Vosges.

« Mon travail est le reflet d’un regard sur le monde et sur moi. Un instant réflexif, un échange entre la nature et l’humain, d’ou surgit une figuration qui n’est pas un aboutissement mais une interrogation, ouvrant sur d’autres possibles.

Ma proposition est recomposition, mêlant au bois mort des racines, la terre cuite et la pierre. Les éléments se retrouvent et se lient. La racine en est la base, ambivalente et multiple, ses métaphores sont aussi vastes que l’âme humaine. On peut la lire comme matériau ou comme chemin: elle guide ou se laisse guider par des tropismes inconscients. Il s’agit de s’immiscer, comme un prolongement au geste naturel dans le matériau mort ou en voie de décomposition. Recomposition d’un univers onirique : la courbure d’une racine prend sens; une vie secrète se dévoile à l’instant. La pierre devient fardeau, soutient ou constitutif de l’être. La terre cuite est le lien entre le crée et l’incréé il y a ma main et mon esprit qui la guide.

Dans la recherche plastique se tisse un dialogue entre le geste naturel figé dans la racine, la pierre et le regard humain. Il se fait dans l’instant ou la durée jusqu’au moment du choix : le temps retrouvé.

L’argile et sa mollesse première sont le lien qui relie mon esprit aux éléments. La substance molle et indéterminée prend elle aussi sens et se fige par la cuisson. Les thèmes sont multiples plongeant dans la mythologie et dans ma vision du monde et de l’humain. Etre et devenir, un rêve de descente dans l’inconscient, synthèse entre la vie et la mort. L’objet reste figuratif mais sa présence dépasse la figure, il se veut être .Ainsi, l’équilibre est recherché mais intentionnellement jamais atteint, il y a toujours un léger frémissement, une chute en suspend. Ici la racine trouve sa place centrale. C’est l’être souterrain, avide de vie elle cherche la lumière, elle est le mort vivant mais plus encore, ses métaphores sont aussi vastes que l’âme humaine.

A l’image de l’arbre premier, le chêne Iggdrasil de la mythologie scandinave : En rêvant les racines, c’est le monde entier qui se dévoile. Mais surtout le monde premier, résumé de ce qui fut, rêve de ce qui sera. Les mythes sont sa substance; l’idole sa posture anthropomorphique.

Regard et reflet de l’esprit, seul, devant les autres lui-même. »